« Le choix de travailler dans la proximité »

Fils et petit-fils d’agriculteurs, Éric Delacour possède une exploitation agricole à Aulnois-sous-Laon, dans l’Aisne. Son credo : raisonner collectif pour penser l’avenir de la filière et garantir la qualité des produits.

Agriculteur dans son champ de pommes de terre

« Mon papa était parmi les membres fondateurs de la coopérative Vico, qui est issue de la volonté d’agriculteurs de collecter ensemble des pommes de terre pour pouvoir les vendre. Quand j’habitais chez mes parents, j’ai toujours vu produire pour cette coopérative », se souvient Eric Delacour, avant de rappeler tout le chemin parcouru par Vico, depuis la commercialisation de pommes de terre en sacs jusqu’à leur transformation en chips.
 
Lui-même a commencé à travailler sur la ferme de son oncle à l’issue d’un bac scientifique et d’un BTS agricole. Il assurait alors l’interim qui s’est transformé en acquisition en 1991, date à laquelle il s’installe sur la ferme avec son épouse.

 

Diversification et jeu collectif

Pour pouvoir maintenir l’emploi d’un salarié sur l’exploitation, il décide de diversifier la production de la ferme qui se limitait aux céréales et à la betterave. Il l’étend alors aux oignons, aux haricots, aux petits pois et à la pomme de terre qui requiert de la main d’œuvre tout au long de son cycle de production.
 
Avec son salarié, il « mène un travail en commun et collaboratif depuis très longtemps. C’est lui qui m’a formé sur tout ce qui est mécanisation, soudure, entretien du matériel… », tient-il à préciser. « Nous avons créé ensemble les modifications de l’exploitation : on a monté l’irrigation, modifié des bâtiments pour pouvoir stocker, on s’est mécanisé… » Et c’est avec leurs épouses qu’ils trient les pommes de terre après la récolte. Un vrai travail d’équipe, et en famille !

 

Penser local

Autre grand principe de cet agriculteur engagé de longue date dans le soutien de la filière et de son économie : la proximité. « Sur mon exploitation, j’ai fait le choix de ne travailler qu’avec des industriels qui ont des outils en France et proches de l’exploitation, disons dans un périmètre d’une centaine de kilomètres », poursuit-il. Et d’expliquer que ce choix est aussi un gage de qualité. « Quand la programmation se passe bien, il peut n’y avoir que deux heures entre l’arrachage des pommes de terre et la transformation. C’est un plus pour le produit fini ! »
 
Pour lui, proximité rime aussi avec fidélité. Fidélité à des principes d’entente entre les membres du groupement de producteurs auquel il appartient (G3P) et Vico : « G3P permet une entente entre d’un côté le monde agricole, de l’autre le monde industriel. Dans le secteur de la pomme de terre, il y a depuis très longtemps cette culture de l’échange, qui est importante vis-à-vis du consommateur puisque nous essayons de trouver la qualité ensemble. » Une relation constructive qui permet de mieux penser l’avenir.

 
 
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